Ces choses qu’on ne voit que dans les deuils au Cameroun

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1- Les pagnes et les tricots du deuil. On l’a compris, les pagnes et les tricots du deuil « tara» ça paye bien. C’est le « business de l’heure » dans les deuils. Même « buy » le cercueil ne voit pas le carreau de l’autre-ci, à tel point que certaines personnes know qu’elles vont seulement « tchop » derrière ça. C’est leur « part de mangement là-bas ».

2– Le cortège du deuil. A la sortie de la morgue, l’on confirme le type de personne qui est « die » en fonction du cortège, selon qu’il soit « un boy plein » ou un « boobooh ». Il faut donc voir les « rythmeurs » du mort. Si c’est un « boy  plein, un gars du ghetto», on ne complique pas heuuun, nos amis les « bendskinneurs » gèrent les choses au « calme », ils ont compris qu’ils font passer en vitesse sur la route avec à l’appui les feuilles de « sissonghos » et de bananiers attachés sur le corps. Si c’est un « boobooh » alors, là-bas, c’est la « sauce », tu confirmes seulement le long convoi de « cylindrées» qui passent.

3–  Faire «  masse » au deuil, parce qu’après si la personne éplorée nous pose la question, l’on dira  « Ntap, c’est comment ? Tu ne m’as pas vu ? J’étais là. J’avais porté le pantalon bleu nuit sur mesure avec la chemise col mao noir, j’étais assis derrière le pasteur quand il entonnait « messe bwam». Comme-ci, il peut être le seul à porter ces habits au deuil. Alors qu’il est surtout question d’honorer à une obligation sociale pour éviter qu’à son tour, l’endeuillé(e) ne « came » pas à notre deuil. Qui ne know pas que le deuil, c’est la cotisation ?

4- La manière de « cry » : Gars, chacun a son « level de cry » au deuil. Selon le degré d’affinité qu’il y avait avec le ou la défunt(e), certain(e)s vont pleurer en disant « Na wodíííí, Na wodíííí ayooh Na wondííí », d’autres vont crier en se tapant la poitrine en disant : « yeeeeeeeeeeeeh, gueguechéélààà, pèeeere yoooooor,  que tu pars, que tu me laisses à qui eeeeeeeeeh ? », d’autres plus astucieux vont pleurer avec « le coude levé » en d’autres termes avec une bouteille de bière bien glacée à la main.

5- « Etre chaud(e) comme le milieu du koki », Il faut bien porter les habits que l’on « buy » au marché et le deuil justement est une occasion rare pour « tchombé » et surtout « tchombé mooh » car « l’on ne connait pas le caillou  qui va tuer l’oiseau », en d’autres termes, l’on ne sait pas qui on va y rencontrer. Qui sait ?  Peut être son futur conjoint ou un partenaire d’affaires. Les femmes surtout l’ont bien compris, il faut les voir à la morgue, à la veillée et même à l’enterrement. « Moomooh », c’est la mini-jupe sexy que tu veux voir, c’est le tricot moulant décolleté de Lady Ponce que tu veux apprécier ? C’est la chevillère sur les talons aiguilles que tu veux voir ? Pardon qui va se négliger ? Ici« on ne dort pas au premier banc ».

6- Les témoignages. Ici, il faut être « technique », ne jamais dire vraiment ce qu’on pense du défunt ou de la défunte. Il faut surtout le ou la  présenter comme « un ou une  petit(e ) saint(e)  » , même si tout le monde sait dans les « back back » que c’était « un chef mineur », le genre de père qui n’aimait que les « petites  pem-pem », « un voleur de gésier » , une mère qui avait adopté  la « tongo » comme son deuxième « njo » ou une mère qui n’aimait que « le sang jeune ».

7- Les retrouvailles avec les potes et les anciens « dossiers ». Le deuil permet de retrouver  les anciens amis, les anciens camarades, les anciennes connaissances et surtout les anciens « dossiers » qu’on n’a pas vu « de from ». L’on profite pour se rappeler  les anciennes blagues, on ressort les anciennes « coshs ». Si une « nga » t’avait « senta » au lycée et que cela t’avait do le « barrat », tant pis pour toi si tu as gardé ça dans un coin de ton cœur, cela va seulement te « do bat ».

8- Les bars du « kwatta ». Chaque barman qui se respecte sait que le jour de la veillée, c’est le jour où il faut « do » la recette de l’année. A l’heure-là, le « don gars» contacte  les propriétaires de dépôts de boissons  alcoolisées du kwat dans « la paix du Christ », parce que, quand on finit de pleurer, il faut bien boire pour remplacer l’énergie perdue. On ne sait jamais, « un gars porteur »peut se fâcher et décider de « noircir les tables ». De ce fait, le barman doit être prévoyant. Et c’est toujours mieux pour les affaires si on ne veut pas perdre les clients

9- Le service à la veillée. Avant quand les serveuses étaient en train de « gui » le pain avec le café, tout le monde savait que sa place est déjà réservée dans « le mukuta » de pain-là, aujourd’hui, mon pèèèèère quand les go qui servent ne te connaissent pas, type tu vas rester avec la main levée comme un lépreux parce que le « noir cœur » dérange parfois les « cocos-là ». quand elles servent, elles font parfois comme-ci elles ont les yeux percés.

10- Un autre point important« les tchops  et les joncs», la nourriture et la boisson. Ici, il ne faut pas « blaguer », surtout que l’on sait qu’il n’ya pas toujours de quoi manger à la « piole ». « Heeeee, aucun lait ne sera donné ». Plus ces deux éléments  sont consistants, plus l’on confirme que le deuil s’est bien passé, mon frèeeeeere, tu vas alors « ya » les commentaires du deuil : « Mbom, le deuil-là nooor, c’était du deuil, pas les pet-pet que les gens font ici dehors, il y’avait la tio le feu sort seulement » où la tchop a même fait quoi aux gens ooooooh, man no know.

 

En tout cas, chacun trouve son compte au deuil, la liste de « ways » qu’on ne voit que dans les deuils au Mboa est longue, si vous aussi, vous avez des points qui vous font aller dans les deuils, ne soyez pas chiches, venez posez ça ici.

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